Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

lundi 12 décembre 2005

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Il y avait belle lurette que la petite mouche n'avait contemplé un tel festin au travers de ses yeux à facettes. Pensez donc ! Une table sur la terrasse, au soleil qui plus est, et toutes les taches, éclats et autres miettes d'un bon repas qui n'avaient pas été nettoyées. La mouchelette en dansait de plaisir. Elle voleta jusqu'à une tache de sauce brune, se frotta les pattes, sortit sa trompe et slurp, sluuuurp ! Un petit tour en l'air pour vérifier qu'aucun lézard n'était à portée de langue. Quelques cabrioles pour se crêper les antennes avec les copines, elles aussi attirées irrésistiblement dans le coin par toutes ces effluves délicieuses. Puis la petite mouche replongea vers la table. Elle venait d'apercevoir une giclée de grains de sucre... quelqu'un avait sucré les fraises avec précipitation. Rapidement mais avec une précision d'insecte, elle en pompa plusieurs. Ah, que c'était bon ! Pour exprimer sa satisfaction, elle décolla en tourbillonnant.
Paf !
Elle vrombit de toutes ses ailes, agita ses pattes, mais rien n'y faisait. Que se passait-il ? La panique s'était emparée de son esprit, et pourtant elle ne pouvait s'agiter et ne bougeait que de moins en moins...
Petit mouche imprudente venait de faire connaissance fatale avec le papier collant.

vendredi 2 décembre 2005

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Un tube vide. J'en reviens pas. Cet enfoiré m'a refilé un tube vide. J'ai l'air d'un pigeon ou quoi ? Un beau pigeon en blouse blanche, un vrai scientifique raisonnable et rigoureux. Enfin, rigoureux, il ne faut pas exagérer. Si j'avais été réellement rigoureux, je n'aurais jamais monté cette magouille pour me procurer quelques gouttes de cette substance interdite. Un vrai scientifique n'aurait pas été se fourvoyer avec des gens douteux, des petits bandits sans scrupules. Mais il faut bien vivre, et si en plus on peut allier curiosité scientifique et argent frais... bref, l'occasion s'est présentée et je l'ai saisie. Mal, il faut croire, puisque ce voyou a tenté de m'arnaquer avec un tube vide ou presque. Mais je sais encore faire la différence entre de l'eau et le produit que j'attendais. Ah c'est comme ça ?! Il ne perd rien pour attendre, ce petit vaurien. Il va voir de quelle éprouvette je me chauffe. Il va comprendre qu'il faut être réglo avec un tonton chercheur, si on veut pas se réveiller victime d'un savant fou. C'est que j'ai toute la puissance de feu d'un laboratoire derrière moi ! Je peux lui concocter un apéritif de derrière les fagots, qui va lui faire tomber les dents comme des pêches bien mûres, moi !
D'ailleurs je vais le faire. J'empoigne une paire de gants en latex, quelques fioles et c'est parti.