Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

samedi 8 avril 2006

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Tendrement, ils flânaient. Se tenaient par la main, par la taille, par le bras ou l'épaule. Depuis le Pont-Neuf jusqu'à Notre-Dame, de la Bastille aux Invalides, ils allaient de ça de là. Ils parlaient peu, mais écoutaient, regardaient, sentaient intensément. Ils contemplaient la Seine et les reflets du soleil sur l'eau toujours changeante. Ils entendaient les rires des enfants qui se poursuivaient dans les jardins des Tuileries. Ils appréciaient sur leur visage la brume humide des fontaines du Trocadéro. Ils humaient la discrète odeur d'encens qui s'échappait de Montmartre.
Le soir venu, dans leur petit appartement, exigu mais qu'ils rendaient confortable, ils se mettaient à parler. Ils partageaient, ils échangeaient tout ce que l'un et l'autre avaient emmagasiné dans la journée. Des petits riens mis en mots et offerts, sans artifices et sans retenue. Ils en devenaient beaux, et se séduisaient à nouveau.

dimanche 2 avril 2006

Contact

La main s'est posée sur l'épaule. L'os ressent la proximité de l'os, la chair entre en résonance avec la chair. Les muscles de l'épaule frémissent, la main tremble. Pour l'une comme pour l'autre, le temps pourrait s'être arrêté. La main rêve de caresses, de peaux, de doigts à entremêler. L'épaule songe à un appui, à une charge à supporter, à un bras qu'il lui faut domestiquer.
L'épaule se tasse, la main hésite. Elles sont si différentes et pourtant composées des mêmes éléments. La preuve, elles irradient la même chaleur.