Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

samedi 24 juin 2006

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Où suis-je ?
J'ai tout perdu. Mon lieu, mon temps. Ma tête et ma maison. Je vagabonde. Je n'ai plus aucune idée sur rien. Je fais des détours, j'attends une minute ou jamais. Je passe à côté d'une entrée d'un métro inexistant et d'une cathédrale incongrue. Comment une telle tempête peut-elle avoir lieu dans un espace aussi resserré, sous un crâne ? Le mien.
Bientôt l'angoisse m'avale. Comment puis-je être là, à marcher sur un chemin aléatoire, sans avoir aucune idée d'où je suis, et depuis quand ? Comment est-ce possible ? Et pourquoi ne puis-je poser autre chose que des questions ? Il faut que je fasse quelque chose. D'abord je ne supporterai plus longtemps cette anxiété dévorante. Ensuite, à long terme aussi bien que tout de suite, je ne peux pas vivre sans rien savoir.
Je m'arrête. Je m'asseois dans un coin, me recroqueville. Plus d'espace. Je m'endors. Plus de temps. Amen.

lundi 19 juin 2006

Le serpent et le dinosaure

Un jeune serpent éclos depuis peu alla trouver un vieux dinosaure fatigué. "Regarde, dit-il à l'animal âgé, moi je peux me toucher le nez avec le bout de ma queue. Et toi ?" Le dinosaure tordit sa queue qu'il avait longue et lourde, mais il ne pouvait pas toucher son nez.
"Regarde, dit encore le serpent malicieux au dinosaure, moi je peux me faufiler dans un trou de souris. Et toi ?" Le gros animal dut bien avouer qu'il ne pouvait pas.
"Regarde, reprit le serpent facétieux, en restant parfaitement immobile je peux avoir l'air d'une vraie branche morte. Et toi ?" Le vieux dinosaure, énervé par toutes ces histoires et profitant que l'autre ne bougeait plus, leva sa grosse patte pachydermique et aplatit d'un coup le serpent.

Moralité : avant de faire bisquer quelqu'un, comparer la taille des biceps.