Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

mercredi 22 août 2007

Harry Potter and the Deathly Hallows : enfin seuls

Nous y voici !
Contrairement à ce que j'avais pensé, les circonstances ont fait que ce dernier tome de la saga Harry Potter, non seulement je ne l'ai pas lu à la traîne, mais c'est même presque en avant-première, puisque la version française n'est pas encore sortie. Alors je ne vais pas dévoiler trop de choses de l'histoire, pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas la chance ou la volonté de lire en anglais, mais je ne vais tout de même pas me priver de donner mon avis.
D'abord il ne m'a pas déçu. J'attendais des révélations, des explications, elles y sont. Même s'il faut parfois les attendre jusqu'à la fin du bouquin, comme par exemple le pourquoi du revirement de Snape/Rogue. Plus plein de petites choses en passant qui s'emboîtent d'elles-mêmes dans la construction d'ensemble (ce qui semble typique de Rowling, puisque je l'avais déjà remarqué dans le tome 5). L'angle psychologie des personnages a été mis de côté, mais l'heure n'était plus à la causette ou à la réflexion, mais à l'action !
Et de l'action, il y en a ! Un assassinat dès le premier chapitre, ça démarre sur les chapeaux de roues. Je vous laisse deviner à qui on le doit... Ce ne sera bien sûr pas le seul : si l'auteur avait eu du mal à faire mourir ses personnages jusque-là (et je l'avais un peu raillée à ce sujet), là elle s'est lâchée ! La tension est assez bien entretenue tout le long du bouquin, en suivant la cavale de Harry et ses acolytes.
Car oui, Harry fuit à longueur de chapitres. Sans pour autant oublier la mission qui lui a été confiée par Dumbledore, il doit avant tout échapper aux Forces du Mal et à son mortel ennemi à la tête de serpent. C'en est d'ailleurs à un cheveu près à deux reprises. La troisième (bis) (ceux qui ont lu ou liront comprendront), c'est l'affrontement final, l'un face à l'autre et devant tout le monde. Assez curieusement, c'est l'occasion pour Harry d'un petit discours explicatif à l'adresse de son adversaire, qui n'est pas sans rappeler ceux de James Bond... proférés par le méchant avant-que-ses-plans-ne-s'écroulent-mais-il-ne-le-sait-pas-encore.
En ce qui concerne mes petits pronostics, je n'ai pas été trop mauvais. Comme je le pressentais, tous nos jeunes héros s'en sortent, et en couple. La double pression d'un livre recommandé aux enfants et du monde anglo-saxon obligeait presque le happy end. J'avais raison aussi sur le bon fond de Snape, mais pas sur sa survie. Dans l'ensemble, je me suis planté sur l'identité des morts. Pas si grave.
Les autres réponses, je laisse à chacun le soin de les découvrir.

Une dernière question : je serai curieux de voir si Rowling va continuer à écrire, et surtout quoi. Financièrement, elle n'en a plus besoin, elle est parée pour des générations. Mais aura-t-elle envie de manier encore le stylo, et osera-t-elle changer totalement de registre ? Wait and see...

Flânons donc.

jeudi 17 août 2006

Mort in vitro : noir, court et serré comme un café

Martin Winckler et désormais plus connu comme écrivain que comme médecin. Je ne sais pas si la médecine doit en rire ou en pleurer, mais la littérature ne peut que s'en réjouir. M'en est témoin ce Mort in vitro, un bon petit polar et seconde incursion de Martin Winckler dans le genre, qu'il agrémente à sa sauce médicale, évidemment.
Charly Lhombre est médecin généraliste et fait des remplacements tout en poursuivant sa formation de légiste. Il va être amené à enquêter sur le décès d'une de ses patientes, jeune femme en début de grossesse, un fait rare que rien ne laissait prévoir. Dans la même grande ville de province, Jean Watteau, juge d'instruction intègre et opiniâtre, enquête sur la mort étrange dans un accident de la route d'un professeur de pharmacologie. Leurs deux enquêtes vont se rejoindre, au carrefour des intérêts des grandes entreprises du médicament. Un croisement dangereux, à la hauteur des sommes en jeu...
Martin Winckler a bien saisi le principe : plusieurs histoires différentes qui finissent par se rencontrer, et on suit leur progression avec plaisir. Ses personnages sont attachants et aisément repérables. Son style est alerte, ce qui aide bien pour le suspense. Quant aux questions de fond, les mensonges, tromperies et magouilles dans les grandes largeurs des grosses boîtes de pharmacie, on sait que c'est tout-à-fait réaliste, malheureusement. Une lecture rapide (à peine plus de deux heures pour moi) et hautement recommandable à bien des points de vue.

Flânons donc.

mercredi 26 juillet 2006

Le Baron Gris : une bonne première

Ca c'est une critique qu'on ne trouvera pas n'importe où. Et pour cause. Le Baron Gris, de Vincent Haxvyll, c'est un premier roman, dont la diffusion est encore (malheureusement) limitée. Pourtant, pour un premier bouquin, c'est remarquable.
De quoi ça parle ? De faits censés s'être produits à Nantes en 2002. D'un homme accusé à tort du meurtre de sa propre soeur. De l'alliance de circonstance entre cet homme et les "animaux de l'Ombre" : rats, chats de gouttière et pigeons de la ville. D'une quête éperdue et dangereuse de la vérité, sur le mode "on nous cache tout, on nous dit rien" et au besoin on flingue.
Autant le dire tout de suite, il y a de très bonnes choses dans ce livre, mais on sent aussi quelques maladresses, probablement imputables au manque d'expérience. Au rayon des bonnes choses, l'idée de départ. Elle n'est pas neuve (on pense évidemment aux Fourmis de Werber), mais elle est bien traitée. Le piège de vouloir expliquer trop précisément le pourquoi du comment de cette communication homme-animal a été évité avec bonheur. En revanche, le récit est finalement très humain, et j'ai été un brin déçu car, malgré une présentation en règle fort bien menée, l'ensemble de l'intrigue n'a finalement que très peu d'influence sur les communautés concernées. Si le début, la mise en place est un peu lente à mon goût, le rythme des deux derniers tiers est agréablement enlevé. Là où je suis plus sceptique, c'est sur le (gros) morceau de la fin. Vu ce qui précédait, la surprise (je ne la dévoilerai pas) devait être de taille. Elle l'est, mais je ne suis pas totalement convaincu... un autre choix aurait peut-être été plus judicieux, plus crédible. Quant au style de l'auteur, malgré quelques petites ruptures de langage ou incorrections sans gravité, l'ensemble est plus que respectable.
Pour vous procurer ce livre que bien sûr je vous recommande, plusieurs solutions : passer par les grands sites internet de vente de produits culturels (je ne vous ferai pas l'affront de les citer), ou bien contacter directement les Editions Amalthée (dans l'annuaire de Loire-Atlantique), ou encore aller voir le site de l'auteur. Bonne lecture.

Flânons donc.

vendredi 14 juillet 2006

Harry Potter tome 6 : une bonne préparation, quelques grumeaux

J'arrive après la bataille. C'est le moins qu'on puisse dire, puisque c'est seulement maintenant, bien après l'engouement publicitaire et médiatique, que je viens de lire Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, autrement dit le tome 6 de la saga. Evidemment, le délai était volontaire. Histoire de ne pas trop faire le gnou. Bien sûr, ça m'a aussi laissé le temps d'apprendre le fait majeur du bouquin (attention je dévoile)... Dumbledore y meurt à la page 654. Cela ne m'a pas dérangé, vu que je m'y attendais. Ben oui, l'ensemble est un (énorme) roman d'apprentissage, une initiation, donc il faut bien à un moment ou un autre "tuer le père", au propre ou au figuré. Ici, le figuré c'est Dumbledore qui est l'image paternelle, et le propre c'est qu'il meurt vraiment, dramaturgie oblige. A vrai dire, je l'attendais un peu plus tard, mais tout ne peut pas se trouver dans le dernier tome non plus.
Je ne dirai pas grand-chose sur l'histoire : autant les précédents volumes, c'était "haro sur Harry", celui-ci c'est "tout pour Dumbledore", encore qu'un peu plus subtilement amené. Une année scolaire un brin plus tranquille, puisque le grand méchant loup serpent n'y apparaît pas (enfin pas directement). On peut donc y reparler de cours, de quidditch, de retenues, de sentiments... bref, pour un peu on se croirait dans Hélène et les garçons.
J'avais été assez critique sur le précédent tome ; j'ai trouvé cet avant-dernier bien meilleur, preuve que l'action ne fait pas tout... ou que Joanne n'est décidément pas très à l'aise avec les scènes de bagarre (la scène de la mort de Dumbledore m'a paru très lente, et la bataille concomitante très fouillis - indication supplémentaire qu'il ne faut pas confondre cinéma et littérature). Ce que j'ai aimé dans cet opus de préparation au dénouement final, c'est la façon d'avancer vers cette fin en ménageant un certain suspense, alors qu'en fait il ne se passe pas grand-chose, ce sont surtout des informations qui émergent. A ce titre, l'intrigue secondaire sur le prince, qui donne son titre au livre, est très réussie.
Evidemment, parvenu à ce stade, difficile de prétendre que je ne lirai pas le dernier. Mais il n'est pas impossible que je le lise lui aussi à la traîne.

Flânons donc.

mercredi 5 juillet 2006

Mordoc : contamination galopante du succès

Bon, je ne vous refais pas le topo sur Patricia Cornwell et sa Kay Scarpetta de légiste, puisque je l'ai déjà fait. Dans Mordoc, cette fois-ci c'est l'artillerie lourde qui est de sortie. On commence en effet (j'allais dire tranquillement) avec une affaire morbide (mais on a l'habitude) de cadavre démembré. Sauf qu'on vire assez vite à la parano, celle d'un début d'épidémie de variole. Tout le saint-frusquin ricain se met en place : zone de contamination, isolement, quarantaine, combinaisons anti-infectieuses dignes d'un astronaute, etc.
Je retire ce que j'avais dit sur le volume précédent, hors de propos, pas crédible. Ou plutôt je le maintiens, mais ce n'est plus vrai pour celui-ci. Parce qu'ici, on a beau avoir la grosse armada, les gros moyens, les grosses ficelles... c'est plausible. C'est effectivement comme cela que les Américains réagiraient face à un début d'épidémie grave. En envoyant l'armée.
Bref, moi aussi j'ai été contaminé. Rendez-vous au prochain tome.

Flânons donc.

lundi 3 juillet 2006

Ensemble, c'est tout : humaine surprise

Ce roman d'Anna Gavalda m'avait été plusieurs fois recommandé. Autant de raisons de l'emprunter lorsque je l'ai aperçu sur les rayons de la bibliothèque. Avec quelques inquiétudes cependant. La taille d'abord : Ensemble, c'est tout c'est un tout de 600 pages. Ca impressionne quand même un petit peu. Le thème ensuite : annoncer une histoire sur quatre éclopés de la vie, il y a de quoi hésiter un tantinet.
Foin de tout ça. Les six cent pages s'avalent comme du petit lait. Il y a pas mal de dialogue, et c'est écrit très léger, sans accrocs, tout en souplesse. J'ai mis deux semaines à en venir à bout (et encore, j'ai été long parce qu'il y avait beaucoup de foot en même temps). Quant à l'histoire, j'ai été agréablement surpris. Les personnages sont attachants et les portraits de Camille, Franck, Philibert et Paulette sont esquissés tout en nuances. Entre subtilité et humour, sans toutefois masquer leurs problèmes, les failles de chacun et les bleus de tous. Quatre caractères pourtant pas faciles qui se trouvent et s'améliorent les uns les autres, en toute simplicité (et pas sans heurts, mais ce n'est pas le plus important). Finalement, le mot qui caractérise le mieux ce livre, c'est : humain. Dans le bon sens du terme.
Ai-je besoin de préciser que je le recommande chaudement ?

Flânons donc.

mardi 20 juin 2006

Cause of death : lower your expectations*

* diminuez vos attentes

Je continue ma découverte des mortelles aventures du Dr Kay Scarpetta, le médecin légiste en chef de Virginie créée par Patricia Cornwell. Celui-ci en anglais, comme je l'ai déjà fait, et pour les mêmes raisons. Pour les francophones exclusifs, Cause of death est devenu Morts en eaux troubles dans la langue de Zola.
Ici, tout commence un 31 décembre lorsque l'on apprend la mort d'un plongeur dans les eaux glacées d'une petite rivière boueuse sur un site de la Marine où logent bateaux et sous-marins à la retraite. Le mystère s'épaissit quand on s'aperçoit que le mort est un journaliste bien connu pour ses enquêtes sulfureuses, mais aussi que Kay Scarpetta a reçu un appel anonyme annonçant sa mort avant même que la police ne soit au courant. Le légiste la plus célèbre de Virginie est prise dans les remous de cette affaire, ainsi que son habituel acolyte Marino, d'autant plus que l'un de ses adjoints de la morgue est sauvagement assassiné à Richmond même. L'affaire criminelle vire au terrorisme lorsqu'est mise au jour une connexion entre le journaliste décédé et un groupuscule d'extrême-droite composé de fanatiques sectaires et prêts à tout...

Soyons clairs : il y a dans ce roman des aspects que j'ai appréciés, et d'autres beaucoup moins. L'histoire est plutôt intéressante, le mystère bien construit et le suspense regulièrement entretenu. Le volet police scientifique est toujours aussi irréprochable, et les personnages bien rendus. Mais la fin est absolument incroyable. Pas crédible pour deux sous. Kay elle-même qui sauve le monde (et accessoirement les otages) d'un groupe de terroristes qui avaient pris le contrôle d'une centrale nucléaire... c'est du James Bond. A mon sens, ça ne cadre plus du tout avec le personnage. Alors bien sûr, je vais continuer la série parce que c'est quand même intéressant et bien écrit. Mais je baisse sérieusement le niveau de mes attentes.

Flânons donc.