Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

samedi 19 mai 2007

Parce que l'anaphore

Parce que les champs, une fois semés, ont forcément besoin d'être moissonnés. Parce que l'espoir est plus intense dans la nuit. Parce que le soleil après s'être couché se lève à nouveau. Parce qu'il faut se donner des raisons pour vivre. Parce que c'est la lutte qui fait que l'on devient soi. Parce que le silence est plus beau sans la lumière. Parce qu'à force de marcher, on revient chez soi. Parce que l'arbre peut cacher la forêt. Parce que l'arbre unique peut évoquer la forêt. Parce que la lune croît et décroît, et que ses quartiers sont des miroirs. Parce que l'orange aussi a des quartiers. Parce que la Terre n'en a pas. Parce que la force de la métaphore est inversement proportionnelle à la proximité des termes. Parce que la collection d'images. Parce que la poésie.

mercredi 16 mai 2007

~la recette irrégulomadaire~ Gâteau jaune à pois noirs

Ingrédients pour 4 personnes environ :
2 oeufs / 60g de sucre / 60g de farine / 1 pincée de sel / 40g de beurre / 1 cuillère à café de graines de pavot / 1 petit citron (100g environ)

Fouetter les jaunes d'oeufs avec le sucre pour faire blanchir le tout. Ajouter le jus du citron, le beurre fondu, le pavot et mélanger ; puis la farine, et mélanger encore. Monter les blancs en neige, les incorporer au reste de la pâte puis verser dans un moule à cake beurré. Cuire à four moyen par le bas pour que le gâteau monte bien (peux pas dire exactement à quelle température, le thermostat de mon four est HS). Démouler tiède comme toujours, pour obtenir un gâteau au citron très léger et savoureux, que l'on pourra décorer au sucre glace..

Flânons donc près du four.

samedi 5 mai 2007

Rameau

Il était fragile, le petit Jean. Frêle comme un frêne, personne ne savait pourquoi on l'appelait petit alors que c'était une grande perche. Mais souple comme un roseau, avec ça. Autant dire qu'il n'avait pas le profil de l'emploi quand il s'était engagé dans la marine royale. Les marins des trois-mâts ressemblaient plus souvent aux tonneaux qu'ils transportaient : courts, râblés, trapus, avec la tête directement sur les épaules et les mains comme des battoirs.
Jean, longiligne et gracieux, détonnait dans cet environnement. Le quartier-maître avait d'ailleurs eu du mal à lui trouver un uniforme à sa taille pour les jours de parade. Mais Jean s'en moquait. Il grimpait dans la mâture comme personne, faisait corps avec les cordages, planait avec les voiles. Il n'avait pas son pareil pour monter refaire un noeud mal bouclé au sommet de la grand-voile. Les mouettes lui parlaient à l'oreille, et ils en riaient ensemble.