Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

dimanche 31 octobre 2004

Une année en Provence : un agréable cliché

Qui n'a jamais rêvé d'être en vacances permanentes, et de surcroît dans un lieu où il fait bon vivre ? C'est exactement ce qu'on vécu Peter Mayle et sa femme. Britanniques, ils ont fui Londres pour venir s'installer à demeure dans le Lubéron. Une année en Provence est le récit de leur première année française.

Et c'est une année qu'effectivement n'importe quel étranger qualifierait de peu banale. Car ces Anglais doivent tout apprendre : le français tout d'abord, ou plutôt faire coïncider leur français théorique et le parler provençal accentué. Ils doivent apprendre le climat provençal, le mistral qui rend fou, la chaleur plombée de l'été, l'art d'y résister par la sieste. Ils doivent apprendre à connaître leurs voisins, les réactions de leurs visiteurs (parfois impromptus) d'outre-Manche, les artisans du village et leurs délais souvent variables et toujours à rallonge. Et par-dessus tout la French touch suprême : l'art de la table.

Peter Mayle porte un regard parfois incrédule mais toujours plein d'humour sur nos façons de faire bien françaises. Il n'hésite pas non plus à moquer ses propres travers anglais. Le résultat est donc bien agréable à lire, cependant il tourne vite à un mot que même les anglophones utilisent : le cliché. Dès lors, on comprend que ce récit ait été très lu dans le monde anglo-saxon. Une occasion de se moquer de ces mangeurs de grenouilles sans même effriter ses préjugés, ça ne se rate pas.

Flânons donc.

mercredi 27 octobre 2004

Code vaudou : une malédiction peut en cacher une autre

Voilà une découverte loin d'être inintéressante. Le hasard n'a pas été trop facétieux puisque j'avais choisi ce roman sur les rayonnages de la bibliothèque municipale et sur la foi de sa quatrième de couverture tout à la fois. Dans Code vaudou donc, Thierry Gandillot raconte l'histoire d'un assureur de Louisiane complètement véreux. Ayant dilapidé subrepticement l'essentiel de la fortune familiale, dans des opérations toutes plus douteuses les unes que les autres, il se voit dans l'obligation de réussir un gros coup s'il veut parvenir à éviter des désagréments substantiels (genre quelques dizaines d'années de prison). Son coup de poker sera donc une arnaque bien huilée pour extorquer à un beauf d'affaires milliardaire de Floride la rondelette somme de 50 millions de dollars, sous prétexte de lui faire acheter un fichier secret de mille assurés richissimes. Fichier bidon évidemment, puisque inventé par l'assureur à partir d'anonymes tous obligeamment décédés depuis plusieurs années.
Mais alors que tout semble sur le point de se réaliser, le fichier fantôme se rappelle au bon souvenir de son créateur de façon bizarre : lettre de résiliation d'un contrat inexistant, mort qui meurt une deuxième fois... le fichier aurait-il été envoûté, et l'assureur avec ?

Je le disais donc en ouverture, un livre pas désagréable du tout. Le style est très correct sans être extraordinaire. L'ambiance chaude du vieux Sud américain est bien relatée. L'intrigue progresse intelligemment et l'on suit les affres du héros pourri avec autant de doutes et de questions que lui s'en pose. Tout cela serait fort bon s'il n'y avait le dénouement. Le genre de fin que l'on reproche parfois à Molière et qui nous laisse sur la nôtre, de faim. Tout se termine quand le fil de l'histoire rencontre un monde massif certes très cohérent mais dont le seul lien avec l'intrigue réside dans le passé non dévoilé du héros. En d'autres termes, la fin arrive comme des cheveux sur la soupe. J'aurais aimé quelques détails discrets parsemés ça et là pour l'annoncer, voire la laisser deviner aux plus perspicaces (dont je ne fais pas partie). Je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est un peu facile comme méthode.
Néanmoins tout n'est pas à jeter et s'il fallait mettre une note sur 20 je mettrais... treize, par superstition.

Flânons donc.

lundi 25 octobre 2004

La démocratie américaine est-elle soluble dans le pétrole ?

Avec pas mal de retard mais un peu d'à-propos également, j'ai vu ce week-end le fameux film de Michael Moore, Farenheit 9/11. Il s'ouvre avec la très controversée élection de 2000, et disons le mot, les magouilles qui ont permis au "raté de la famille" d'accéder au poste suprême. Rien de très nouveau là-dedans, puisque Michael Moore l'avait déjà rapporté plus en détail dans l'un de ses livres, Stupid white men (en français Mike contre-attaque). Puis vient un portait peu flatteur du président en (soi-disant) exercice (42 % du temps en vacances dans les 8 mois qui ont précédé les attentats), et de ses déboires de jeunesse dans les affaires. Et c'est l'occasion du premier coup de poing dans l'estomac. En fait, Deubeuliou a été financé avec toute sa famille (et amis, et ceux de papa aussi) par les grandes familles saoudiennes, dont les Ben Laden. Et quand ces amitiés deviennent un peu trop gênantes, on les camoufle du mieux possible, et on attaque... l'Irak ! Nous voici à la guerre. Deuxième direct à la mâchoire, avec la douleur de cette mère qui a perdu son fils engagé dans les combats près de Bagdad. Finalement, le film se termine avec cette idée que les hommes de pouvoir en Amérique (mais j'imagine que cela doit être plus ou moins transposable à la France) oeuvrent essentiellement à une chose : que rien ne change. Pour cela on fait peur au bon peuple, ça le rend plus malléable, et on l'occupe en faisant la guerre. Qui est un superbe coup double, puisqu'elle permet aussi de se faire un max de fric, l'objectif secondaire de ces dominants.

J'avais beau savoir que ce film était tout sauf impartial, je suis sorti de la projection assez écoeuré. Les mensonges éhontés, les manipulations, tout ce cynisme presque affiché... Il me semble que je comprends un peu mieux l'esprit révolutionnaire de 1789 et d'octobre 1917 (sans pour autant cautionner aucunement la façon dont elles se sont déroulées et leurs suites respectives).
Camaraaaaaaaades ! :o

Flânons donc.

jeudi 21 octobre 2004

Les vrais chanteurs ne sont pas forcément à la télévision

J'ai eu la chance la semaine dernière de vivre quelque chose de trop inhabituel pour ne pas en parler. Non pas pour m'en vanter, mais pour témoigner que le mercantilisme et le star-system n'ont pas gagné partout.
J'avais déjà mentionné être fan de Daran, chanteur (et compositeur) de "rock français" (à défaut d'une étiquette moins réductrice). Un certain nombre de ses fans se retrouvent depuis plus d'un an sur un forum pour discuter de ses chansons, de ses concerts et du reste. Le plus souvent, animation et bonne humeur sont au rendez-vous. Après une tournée qui avait déjà permis à certains d'entre nous de se rencontrer au gré des dates et des villes visitées, il était temps d'organiser une "soirée spéciale forum" pour faire plus ample connaissance.

Il se trouve que Daran a souhaité y participer. Nous étions donc plus d'une centaine réunis dans un pub en grande banlieue parisienne, avec parmi nous Daran et ses musiciens. Ils nous ont offert très gentiment un petit concert exceptionnel, parsemé sur tout la soirée. Les interruptions étaient mises à profit pour boire un coup, discuter avec les fans, discuter entre fans. Cela nous a permis de constater une nouvelle fois (et avec plaisir) que Daran est quelqu'un de simple, attentionné, et assez bien en accord avec les textes qu'il chante et qu'il défend. Le tout dans la musique et la décontraction, ce qui est encore mieux.

Voilà, j'ai probablement l'air sérieux et froid. Et pourtant il faisait bien chaud à cette soirée, chaud au coeur aussi, et j'y ai vécu des émotions d'une intensité rare. A des années-lumière de ce qu'on voudrait nous faire avaler par la petite lucarne. Pour tout ça, merci aux forumiens et merci Monsieur Daran.

Flânons donc.

mercredi 20 octobre 2004

Debout les morts : l'originalité en plus

Troisième volet de mon triptyque. Il y avait déjà quelque temps que j'entendais parler de Fred Vargas, sans avoir encore eu une vraie occasion de la lire. M'y voici donc (le premier qui me répond "Vous n'en approchez point" est un gros boeuf qui connaît bien ses classiques). Debout les morts est donc un roman policier. L'intrigue : Sophia Siméonidis, ex-cantatrice de son état, s'inquiète car un arbre est apparu brusquement dans son jardin. Elle finit par s'en ouvrir à ses voisins, trois jeunes historiens fauchés et assez bizarres. Si bien que lorsqu'elle vient à disparaître, ceux-ci décident de prendre l'enquête en mains.

Evidemment, je ne vous raconte pas la suite, elle est bien plus agréable à découvrir par soi-même. Sachez tout de même qu'il s'agit d'un roman très solide quant à son intrigue. En ce qui concerne le style, je l'ai trouvé original, assez éloigné des classiques du policier français. Cerise sur le gâteau, le livre est parsemé de trouvailles plutôt chouettes, comme par exemple les trois héros Marc, Lucien et Mathias qui sont surnommés les Evangélistes ou Saint Marc, Saint Luc et Saint Matthieu.
Finalement, je crois que je ne vais pas trop traîner avant d'aller chercher la suite.

Flânons donc.

samedi 16 octobre 2004

Frère Cadfael fait pénitence : atypique et charmant

Second épisode de ma trilogie policière. La série d'Ellis Peters sur les enquêtes de frère Cadfael est désormais assez connue, et Frère Cadfael fait pénitence en est le dernier tome. Un rapide recadrage pour ceux qui ne connaissent pas : frère Cadfael est moine et herboriste à l'abbaye bénédictine de Shrewsbury, dans l'Angleterre du XIIème siècle déchirée par la guerre civile. Mais frère Cadfael est aussi un enquêteur tenace qui parvient souvent à éclairer des meurtres ou à dénouer les fils de situations complexes. Pour les néophytes, commencez donc par le début de la série, Trafic de reliques ou Un cadavre de trop. Une série policière chez les moines au Moyen-Age, on pense bien évidemment au Nom de la rose. La série des Cadfael est cependant beaucoup moins torturée, nettement plus "lumineuse".

Ce dernier roman m'apparaît plutôt atypique dans la série, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la guerre civile entre le roi Etienne et l'impératrice Mathilde, qui était jusqu'alors la toile de fond historique d'intrigues locales, s'invite cette fois au coeur même du récit. Le roman policier se transforme presque en roman historique. Ensuite, le meurtre que Cadfael doit résoudre n'est pas la pièce maîtresse de l'intrigue, subordonnée à l'action autour du frère bénédictin. Enfin, pas de vraie histoire d'amour, ce qui était pourtant une règle rigoureuse, quasi monastique, dans les autres volumes. Il n'en reste pas moins que cette histoire se laisse lire avec autant de charme que les précédentes. Elle ravira sans nul doute les amateurs de la série comme elle m'a ravi.

Flânons donc.

vendredi 15 octobre 2004

Le maître d'escrime : une fine lame d'un autre temps

Premier d'une trilogie lue rapidement pour cause de long trajet à occuper, voici Le maître d'escrime, d'Arturo Pérez-Reverte (que je ne connaissais pas, maintenant c'est fait).
A Madrid, fin XIXème. L'Espagne se débat dans les troubles politiques de la fin de la royauté. Les rumeurs de complots et de coups d'état vont bon train. Mais Jaime Astarloa est indifférent à toute cette agitation. Il est l'un des derniers maîtres d'armes à enseigner l'art du combat au fleuret. La science de l'arme blanche, l'honneur qu'elle véhicule et qu'il inculque difficilement à une poignée de fils de riches, plus attirés par les armes à feu. Rien ne semble pouvoir altérer la rigidité et le lent déclin du vieux maître. Pourtant, lorsqu'une superbe femme pousse la porte de sa salle d'armes pour demander une leçon, sa vie bascule. Dans la trahison, la désillusion, le meurtre.

Que l'on ne s'y trompe pas, Le maître d'escrime est bien un roman policier. Le seul reproche que je me sente autorisé à formuler est celui d'une mise en place un peu longue. Le premier mort n'arrive en effet qu'à la moitié du volume. Pour le reste tout est clair, et l'enchaînement des situations implacable comme un assaut à pointes nues. J'ai particulièrement apprécié la psychologie soignée des personnages, le vieux maître en tête. Son personnage suranné, en retard d'un demi-siècle, est charmant de désuétude. Sa mystérieuse élève est tout aussi troublante.
Bref, je recommande sans réserve.

Flânons donc.

jeudi 14 octobre 2004

Petit Lupin deviendra grand

Cette fois-ci je donne dans le frais, le qui sent l'encre à peine sèche, le qui a encore le cordon ombilical à la main, bref le neuf. Je reviens des salles obscures où j'ai assisté à un film tout juste sorti de l'avant-veille au soir : Arsène Lupin.

Commençons par le commencement, le titre est un peu trompeur. Il s'agit bien des aventures du cambrioleur le plus célèbre de la littérature française, mais d'après La Comtesse de Cagliostro, écrit a posteriori par Maurice Leblanc pour éclairer la jeunesse de son personnage. Le film relate donc les événements qui ont mené Lupin de petit-chapardeur-doué-mais-inexpérimenté à gentleman-cambrioleur-de-légende, avec trésor des rois de France et aiguille creuse à la clé.

Question scénario, pas grand-chose à souligner. Ma lecture du roman sus-cité est trop ancienne pour que je pointe du doigt de possibles déviances et invraisemblances. Je ne me souvenais cependant pas que Lupin eût un fils, et croyais que la seule femme qu'il ait jamais vraiment aimée (en-dehors de sa fameuse nourrice Victoire, étrangement absente ici) était morte tragiquement dans l'Aiguille creuse, nettement plus tard. Notons également ce que je considère comme un anachronisme et/ou une invraisemblance de taille, mais dont je ne parlerai pas plus vu qu'elle constitue l'une des surprises de fin (faut pô gâcher).

Du côté du traitement esthétique, les effets spéciaux sont assez discrets (ce qui est une prouesse pour un film d'action de nos jours). Les décors et costumes d'époque sont efficaces sans être gênants ni trop mis en avant. La bande son ne m'a pas particulièrement marqué, sauf la chanson de fin où les paroles de -M- sont peut-être très judicieuses mais sa voix de tête peu adaptée.

Enfin les acteurs. Romain Duris est un Arsène Lupin convaincant sans être flamboyant. Le vrai héros du film est la vénéneuse comtesse magistralement personnifiée par Kristin Scott-Thomas. Pascal Greggory est également très bon en méchant-qui-joue-double-ou-triple-jeu, et Robin Renucci sobre et efficace. Je craaaque pour Eva Green, la jeune première.

En résumé, c'est un bon divertissement que la plupart apprécieront pendant deux heures. Les mordus cinéphiles et amateurs de Lupin peuvent aller le voir sans trop hésiter. Quant à ceux qui choisiront de ne pas aller au cinéma, ils pourront attendre un an sur Canal, deux sur la une et après sur la six (co-productrices).

Flânons donc.

vendredi 8 octobre 2004

Poésie administrative

La France est riche d'un patrimoine plutôt méconnu : ses communes. Non pas d'un point de vue économique, mais d'un point de vue étymologique. 36000 et quelques patronymes tous plus français les uns que les autres, et empreints d'une poésie insoupçonnée. En voilà quelques-uns que je trouve particuliers et qui ouvrent les portes de la rêverie :
Deuxnouds-devant-Beauzée (55)
Etrelles-et-la-Montbleuse (70)
Loc-Brévalaire (29)
Miramont-d'Astarac (32)
Saint-Léger-la-Montagne (87)
Sermentizon (63)
Vovray-en-Bornes (74)
...

Flânons-y donc.

jeudi 7 octobre 2004

The Bridge of San Luis Rey : nostalgie quand tu nous tiens

Littérature toujours. Ce livre de Thornton Wilder n'est pas arrivé sur ma table de chevet par hasard, bien au contraire. C'est en fouillant dans un vieux carton qu'il m'est revenu sous les yeux. Je l'ai en effet déjà lu, et en VO s'il vous plaît (car j'ai oublié de le préciser, bien que le titre soit éloquent, que c'est un bouquin en anglais). Il date, vous l'aurez peut-être deviné, du bon temps de ma scolarité, plus exactement de mon passage en classe prépa. Lecture imposée à l'époque, pour présenter à l'épreuve de langue vivante des concours. Qu'est-ce qu'on avait pu en baver pour lire ce livre pourtant assez fin ! Il faut bien reconnaître que dans une prépa scientifique, l'anglais n'était pas notre priorité, et aussi que notre prof, une vieille dame un peu dure d'oreille, aurait pu nous semblait-il métamorphoser le thriller le plus haletant en un pavé indigeste et poussif. Elle s'appelait Mme Dumant, et nous la surnommions Henriette (ben oui vous comprenez, Henriette Dumans, on est à l'affût des jeux de mots les plus vaseux quand on est en prépa). Mais je m'égare.

J'avais donc gardé un souvenir assez soporifique de ce bouquin, et en retombant dessus, je me suis dit que maintenant que mon niveau d'anglais était un peu meilleur et que lire de l'anglais ne me faisait plus peur, le temps était venu de le reprendre et de l'apprécier à sa juste valeur. Ce que j'ai fait. The Bridge of San Luis Rey, en français "Le pont du roi Saint Louis" (mais je ne sais pas s'il a été traduit sous ce titre exact), se déroule au Pérou (Lima et ses environs), à une époque indéterminée mais vraisemblablement XVIIème ou XVIIIème siècle. Ce pont fameux cède. Cinq personnes sont tuées dans l'accident. Un moine va alors enquêter sur la vie et la personnalité des cinq victimes, afin de démontrer scientifiquement que cet accident n'était pas un hasard mais l'oeuvre de Dieu.

Le coeur du roman est donc constitué des cinq portraits, assez précis et plutôt bien étudiés psychologiquement parlant. L'anglais en lui-même ne m'a pas paru trop difficile, et j'ai à peine utilisé les notes de vocabulaire que j'avais laissées dans les marges (coquin, va !). Il n'en reste pas moins que le style est assez vieillot (début XXème), et que l'on peut ne pas apprécier le côté religieux et moralisateur très anglo-saxon. Quant à la tirade finale sur le pouvoir de l'amour, c'est typiquement les bons sentiments dégoulinants à l'américaine, et je sais de quoi je parle.

Finalement, je ne peux pas dire que je déconseille formellement, ni que c'est une perte de temps car la lecture en français doit être vite expédiée, mais ça ne figurera certes pas parmi mon top ten, pour parler (encore) à l'américaine.

Flânons donc.