Flâneur

Quelques mots d'un flâneur ordinaire...

samedi 25 octobre 2008

Parodie

Le magicien au grand chapeau pointu, vexé, se barricada dans sa tourelle. Le roi son protecteur venait de lui annoncer qu'il n'avait besoin ni de ses services ni de ses conseils pour le tournoi de chevalerie qui commencerait dans une semaine. "Ah c'est comme ça ? s'indignait le magicien devant son gros matou qui lui, paressait au coin du feu. Ils vont voir ce qu'ils vont voir !"
Il déplaça quelques cartes qui traînaient afin de dégager son grand tableau noir, puis se saisit d'une craie et commença à y griffonner des tas de formules. Elles étaient toutes plus bizarres les unes que les autres. De temps en temps, il regardait par la fenêtre, réfléchissait intensément avant de corriger quelques signes ici ou là. A un certain moment, il s'interrompit, ramassa une feuille que l'automne avait fait jaunir avant de tomber, et que le vent avait dû faire entrer en la glissant sous la porte. Il appliqua la feuille sur le taleau et en dessina le contour à la craie.
Au bout de trois jours de ces réflexions surprenantes, il fut satisfait et s'accorda une pause de deux jours de sommeil. Puis encore un jour complet pour manger. Il retourna ensuite s'enfermer dans sa tourelle, avec ordre de ne pas le déranger. Personne n'y aurait songé. Mais pendant toute la journée qui suivit, on entendit grincements, couinements et toutes sortes de bruits à faire dresser les poils sur tout le corps en provenance de la tourelle. Les chevaliers qui avaient dressé leurs tentes tout autour du château n'avaient rien remarqué, mais leurs écuyers murmuraient à la diablerie.
Le lendemain, à l'ouverture du tournoi, un chevalier inconnu suscitait bien des commentaires. Son blason en forme de feuille ne disait rien à personne, et les plus téméraires qui l'avaient approché prétendaient qu'il sentait le chat mouillé.

dimanche 19 octobre 2008

Toilette

Toilette, bouffe, crotte, dormir. Bouffe, crotte, caresses, bouffe, crotte, dormir. Toilette encore. Finalement, ça n'a rien de désagréable, la vie de caniche à sa mémère. Bon, de temps en temps on se fait un peu étrangler quand elle tire sur la laisse pour pas nous laisser pisser sur la roue de la bagnole du voisin à qui elle fait les yeux doux. Mais à part ça, c'est plutôt tranquille. Le pire, c'est après le toilettage d'automne. Elle a peur qu'on aie froid, alors avant de sortir dehors elle nous enfile de force une petite laine colorée ou plastifiée qui ferait passer le plus noble des saint-bernard pour une parodie de super-héros canin ridicule. A vomir. Et dire qu'il faut supporter ça tout l'hiver. Heureusement, en rentrant, y'a les croquettes. Tant mieux.